Blog de Claude Morency

05 juin 2018

Christian Pellerin - de Roi de la Défense à Prince de la Samba, l’incroyable et phénoménal destin.

Du département de l’Essonne à la forêt brésilienne, le parcours hors du commun de Christian Pellerin, le célèbre bâtisseur.

C’est loin, très loin même, que nous retrouvons celui qui a un jour régné sur les nombreuses tours du mondialement célèbre et renommé quartier des affaires, oui c’est bien ça, nous parlons du quartier de la Défense à Paris. Plus précisément, c’est au cœur d’un tout petit village de pêcheurs brésiliens, à Prainha, à tout juste quelques kilomètres à peine de Fortaleza que nous le retrouvons.  Et vous vous demandez sans doute pourquoi Monsieur Pellerin se trouve aussi loin de sa patrie… Et bien, tout simplement, parce qu’après avoir fait monter jusqu’au ciel les plus belles et les plus fameuses des tours de la Défense, il s’est reconverti tout simplement dans la construction d’un tout petit hôtel plein de charme qu’il est allé nicher au fin fond de ce très joli pays qu’est le Brésil ! Et n’allez pas croire que c’est juste un tout petit hôtel, que nenni, c’est un même plus qu’un hôtel, c’est un hôtel-concept avec une boutique éthique et avec des œuvres d’art exposées un peu partout afin de sublimer encore plus, si cela est possible, ce très joli endroit !

Et pour la construction de ce fameux petit hôtel, Monsieur Pellerin s’est choisi un associé de choix, rien de moins que David Lara, le très célèbre et talentueux entrepreneur venu d’Espagne, celui qui a légué tout simplement son nom à ce petit hôtel, et oui, l’hôtel se nomme le Lara !

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Mais penchons-nous quelques instants sur le destin exceptionnel de Christian Pellerin…

C’est dans la toute proche banlieue parisienne, dans l’Essonne plus précisément, que Monsieur Pellerin voit le jour à la fin du mois de mai 1944. Et peut-être que c’est tout simplement la région entièrement dévastée à cette époque qui va forger le fabuleux destin du tout petit bonhomme qu’il est à ce moment-là. Avant qu’il n’aille à l’école et même encore par la suite, son père, qui était lui aussi entrepreneur, l’emmène avec lui au bureau et il le fait de façon assez régulière.

Comme tous les enfants, il va à l‘école primaire et secondaire, pour lui ce sera dans les quartiers chics de Paris et il continue alors son parcours scolaire en intégrant l’Ecole Supérieure de sciences économiques et sociales.  A cette époque, il doit aussi se démener pour subvenir à tous ses besoins pendant ses études et c’est ainsi qu’il devint agent immobilier tous les week-ends et pendant ses heures de loisirs. Une fois ses études terminées, il décroche alors un petit job chez Sofirex, une entreprise qui traite de gros chantiers dans le domaine de l’immobilier, avec des clients de toutes les tailles et venant aussi de nombreux horizons très différents, il y apprendra énormément de choses, très certainement toutes les bases du métier auquel il se destine, même s’il ne le sait peut-être pas encore lui-même, et c’est dans cette entreprise qu’il gravira un à un tous les échelons de la hiérarchie pour arriver jusqu’au sommet, à savoir un poste à la direction générale. Grâce au bagage professionnel acquit pendant toutes ses années d’études et par ce tout premier emploi, Monsieur Pellerin se lance alors à son compte et fonde sa toute première entreprise à qui il donnera le nom de Consortium Général Immobilier, nous sommes alors en 1971, et Christian Pellerin n’a même pas trente ans encore. Vient ensuite la Société d’Administration et de réalisation d’investissements que les intimes appellent alors SARI. Courant de l’année 1975, il devient alors le PDG de la SEERI, qu’il fusionnera avec la SARI pour former son grand groupe immobilier, celui avec lequel, il grimpera une à une marche jusqu’à accéder au trône.

La fulgurante ascension de Christian Pellerin

Pour qualifier un destin comme étant hors du commun ou encore exceptionnel, on s’attend a minima à ce que tout s’enchaîne assez rapidement et bien évidemment, Monsieur Pellerin ne dérogera pas à la règle. Avec son groupe, il devient très rapidement l’homme dont on ne peut se passer à Paris, peu importe le projet immobilier, c’est Mr Pellerin que l’on interroge ou que l’on mandate.  Et c’est ainsi, qu’après avoir peuplé d’immeubles le fameux quartier de la Défense, qu’il en devint le Roi. Et c’est assez normal finalement, il est un peu comme Midas, tout ce qu’il touche à l’époque, se transforme alors en or. C’est à lui que l’on doit grand nombre d’immeubles et de bureaux du quartier des affaires. Tant pour les bureaux d’affaires que pour le Carrousel du Louvres par ailleurs, ce projet qui tenait tant à cœur au président socialiste de l’époque, Monsieur François Mitterrand, les initiateurs des projets immobiliers parisiens pensent directement à Monsieur Pellerin et sur cette lancée, il va aussi aller bâtir un peu partout ailleurs en France.  On le retrouve ainsi à Lyon par exemple, ou encore dans la ville de Bordeaux où il érige sa fameuse Cité des Vins et bien entendu, son périple ne s’arrêtera pas là, puisqu’on le retrouve ensuite dans la cité phocéenne, où il se met à rénover les anciens docks marseillais, là où finira par s’installer Euro Méditerranée.

Il va également s’associer aussi à Accor, le célèbre groupe hôtelier français, pour développer ensemble les célèbres centres d’affaires Atria.

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Christian Pellerin, toute la musique qu’il aime et ses talents d’auteur.

Ce que l’on sait probablement moins à propos de ce grand bâtisseur, c’est qu’il est aussi un mélomane !  C’est sans aucun doute pour cela, que dans le courant de l’année 1982, on le retrouve à fonder Radio Classique, que tous les mélomanes connaissent bien.

Un destin aussi exceptionnel, se devait d’être raconté et qui mieux que Christian pouvait nous raconter la vie de Monsieur Pellerin ? C’est donc en 2014 que l’on peut lire sa prose, il y raconte son parcours et surtout et en particulier, toutes les années qu’il a passé à construire la Défense, à lui donner vie et à façonner le quartier tel qu’on le connaît encore aujourd’hui. Il a donné pour nom à son autobiographie le titre de « La Défense passe à l’attaque, itinéraire d’un bâtisseur ».  Et rien qu’avec le titre, on comprend parfaitement et immédiatement tout le mordant et tout le punch qu’il a fallu pour se construire une vie aussi peu banale.

Christian Pellerin mérite enfin une retraite bien paisible

Et voici comment on en revient au Brésil, comme tout au début de notre histoire, parce que oui, c’est là que Christian Pellerin a décidé de finir ses jours.  Il aurait pu tout simplement y couler des jours paisibles et heureux, à profiter de l’étourdissante vie nocturne ou du soleil écrasant de son pays d’adoption, mais c’était sans compter sur l’inextinguible soif de bâtir de cet entrepreneur infatigable. Le destin, la bonne fortune, appelez cela comme vous voulez, va ainsi se faire croiser les chemins et les destins de notre ami et de David Lara, et ces deux grands entrepreneurs vont décider alors d’unir leurs forces et leurs ressources pour bâtir le fameux et charmant petit hôtel qu’ils vont aller nicher dans un petit village de pêcheurs du fin fond du Brésil…  Yep, c’est vrai ça fait rêver, et c’est bien le but ! Sachez que si vous vous décidez à y passer des vacances, vous pourrez y faire des courses éthiques et vous pourrez aussi y admirer des œuvres faites par des artistes comme Daniel Hourdé, œuvres qui sont bien entendu là pour sublimer encore un peu plus ce petit coin de paradis.

A l’occasion, vous pourrez y croiser aussi Monsieur Pellerin ou encore son épouse, Agnès Monplaisir, la célèbre galériste, et pourquoi pas y refaire le monde avec lui en savourant un petit mojito au son des maracas et au rythme des sambas…

 

 

Posté par Claude Morency à 14:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]